mardi 11 mars 2014

PAR OÙ FAUT-IL COMMENCER ?
Politique publique sociale ou politique publique nationale ?

Chronique 410 par Bruno DESHAIES
7 mars 2014  (Mise à jour :18 mars 2014) 

Cette chronique a été écrite avant l'arrivée officielle de monsieur Pierre Karl Péladeau, le 9 mars dernier, dans la campagne électorale en cours. Cela étant dit, la distinction entre une politique publique sociale et une politique publique nationale ne modifie en rien l'esprit de cette chronique. Préparer une politique publique nationale exige beaucoup plus que défendre un programme électoral.  Sur ce plan, la « question nationale » n'est pas uniquement un problème de référendum. Il faut le dire, le répéter.  Elle consiste principalement à savoir par où commencer pour parvenir à persuader une majorité de Québécois à adhérer au concept d'indépendance nationale du Québec.  Un recours à la grande histoire s'impose.  Car faire l'indépendance nationale du Québec, c'est défaire l'annexion politique au Canada-Anglais et, en contrepartie,  se donner collectivement un État souverain et une vraie nation souveraine qui maîtrise majoritairement l'État central.  Le tandem Marois-Péladeau est-il mûr pour sortir de l'ornière du souverainisme dans « une nouvelle union canadienne » ?

Les politiques sociales couvrent un vaste domaine qui relève des compétences de l’État provincial du Québec. Il s’agit principalement de l’article 92 de la constitution canadienne qui fait du Québec un État fédéré soumis à un État fédérant majoritairement canadian.  Ce qui est la conséquence de son intégration dans une union fédérale hautement centralisée. Cette diminution de l’autonomie de l’État québécois prive la nation québécoise des grands pouvoirs de l’État fédéral qui, lui, est complètement souverain tant à l’interne qu’à l’externe.

Une quarante-et-unième élection provinciale
 
L’élection en cours ne pourra que refléter cette condition politique du statut étatique provincial du Québec.  Les enjeux sociaux locaux qui concernent en grande partie l’éducation et la santé, la vie économique locale, les finances de l’État local, l’organisation des municipalités et du réseau des commissions scolaires et des écoles ainsi que du réseau hospitalier et des organismes qui visent la santé et le bien-être de la population en général obèrent considérablement le budget de l’État du Québec.  Les politiques publiques sociales sont contraintes dans un cadre provincial et elles dépendent, en plus, largement des subventions liées au système de péréquation pancanadien. Tout gouvernement confondu au Québec, depuis 1867, subit une subordination politique et économique sur place du fait de son annexion dans l’union fédérale canadienne.

Cette campagne électorale de 2014 deviendra la quarante-et-unième élection générale au Québec. Jusqu’à ce jour, aucune tentative québécoise de politique publique nationale n’a pu atteindre son objectif de transformation du système constitutionnel du Canada. C’est plutôt le contraire qui est arrivé. Cette élection générale ne fera pas exception.  La situation économique du Québec ne s’y prête pas non plus.  Or, comment rendre possible la construction du besoin de réforme fondamentale qui confronte le Québec devant son destin national comme unité politique distincte dans le monde ?

 Comme toujours, la rhétorique de la souveraineté ou de l’indépendance ronronnera comme à l’habituel ainsi que son contraire, l’idéal fédéraliste, comme bouée de sauvetage collectif.  Le PQ et le PLQ vont tenter énergiquement de remporter la mise en mode électoraliste, c’est-à-dire en déterminant leurs positions et leurs programmes en fonction du bénéfice électoral escompté.  Entre les deux, la CAQ mise sur le sens des responsabilités des Québécois pour gérer l’appareil d’État provincial afin de consolider l’économie du Québec. Et, à la queue, deux autres partis qui l’un souhaite réaliser une révolution sociale (QS) et l’autre qui se veut plus pur idéologiquement (ON) que les péquistes et qui aspire faire mieux qu’eux en vue de gouverner un État indépendant du Québec. 

Tous ces partis politiques vont déployer beaucoup d’imagination durant la campagne électorale pour bâtir un pays en image d’Épinal.  une constituante, une constitution, une réforme du régime électoral, une charte de la laïcité et des valeurs, l’ambition de créer une république, de bâtir un Québec vert ou de développer le Québec économiquement au sein d’un Canada-uni en misant sur la tradition de la bonne-entente ou, encore, de défendre une sorte d’État providence modernisé qui permettrait un partage équitable de la richesse, etc.  Bref, un pays idéalisé par l’esprit.

Laquelle des deux «solutions» possibles choisir.

Toutefois, la démocratie électoraliste a ses limites.  Les besoins sociaux sont considérables.  L’écart entre les discours et la réalité s’élargit constamment.  Dans l’ensemble, nos partis politiques provinciaux manquent de vision.  Leurs programmes politiques vont tout azimut au gré des circonstances et de l’opportunisme partisan.  Les citoyens ne sont pas dupes.  Les ambitions des chefs de partis sont globalement connues.  PQ : souverainiste optimiste ; PLQ : fédéraliste fervent ; CAQ : fédéraliste autonomiste ; QS : gauchiste avant d’être souverainiste et ON : souverainiste autonomiste.  En gros : deux partis politiques fédéralistes (PLQ et CAQ) contre trois partis souverainistes (PQ, QS et ON) si on ne fait pas trop de nuances.  Les Québécois sont désespérés devant cette brochette de partis politiques qui se veulent tout autant, l’un ou l’autre, des nationalistes de bonne foi.

Il faut comprendre de prime à bord que la « question nationale » n’est pas une voie à sens unique.  (Les indépendantistes ont donc un gros combat à livrer contre les partisans fervents de «foi»  fédéraliste.)

D’une part, la solution indépendantiste est un choix intelligent et légitime ; d’autre part, le choix de demeurer dans l’annexion prolongée n’entraîne pas inexorablement à l’assimilation (de préférence totale).  L’objectif de la première solution est enivrant, mais les tensions entre les souverainistes affaiblissent la force d'action.  En revanche, les obstacles de la seconde solution seraient surmontables parce que les fédéralistes croient fermement que la société québécoise est capable et créative et qu'elle peut vivre dans le Canada-Anglais.

Quoiqu’il en soit, l’enjeu collectif est non seulement de taille mais crucial.  Car c’est toute une nation qui doit opter nécessairement entre les deux «solutions» possibles.  Les politiques qui endossent la cause de l’indépendance complète doivent préparer l’opinion publique.  Ils doivent formellement prendre position et défendre leur décision politique.  La décision politique clairement prise devrait entraîner une action politique efficace.  Les indépendantistes auront à la rendre crédible et acceptable afin de faire prévaloir leur politique publique nationale devant la variété des «options» qui circulent au sein de la société civile. 

En ce moment, face à la « question nationale », tous les groupements politiques au Québec sont inévitablement confrontés devant les six options qui suivent : 
  1. monter vers l’indépendance;
  2. accepter lucidement l’annexion;
  3. se laisser glisser vers l’assimilation (de préférence totale);
  4. faire face lucidement à la provincialisation;
  5. tirer parti de la réalité « obligatoire » à l’échelon régional ainsi qu’à l’échelon central;
  6. parasiter de la manière la plus autonome possible… et attendre l’occasion… si jamais…
Grosso modo, tous les partis politiques s’accordent sur un point : agir (par soi) collectivement jusqu’à la limite du possible et du permis à l’échelon régional (et même un peu plus...).  C’est ce qu’ils pensent sincèrement (si on ne leur fait pas d’emblée un procès d’intention).

Dans les faits, chaque parti cherche à parasiter de la manière la plus autonome possible au régional pour satisfaire les attentes des indépendantistes et des fédéralistes.  Mais, il leur est difficile de comprendre ce que c’est que l’indépendance nationale. D’où les atermoiements continuels au sujet de la mise en place d’une politique publique explicite au sujet de l’indépendance.   

À cet égard, les politiques québécois sont en retard sur le désir des Québécois et des Québécoises de voir ce besoin de liberté collective se transformer en une réalité concrète et palpable.  Pourtant, le sentiment national au Québec est assez développé pour que le Rubicond soit traversé dans un court terme.

Par où faut-il commencer ? 


Pour cela, la réponse repose entre les mains de toute la société ou groupement d’hommes et de femmes qui souhaite «maîtriser et réussir sa vie collective selon sa fin propre ».   « Un nationalisme politique complet, à la fois intérieur et extérieur, fait remarquer Maurice Séguin, est nécessaire pour développer une économie moderne diversifiée et complète.  D'autre part, une vie économique équilibrée, entière et dynamique est également nécessaire pour soutenir le politique tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.»  Maurice Séguin précise :

Ce nationalisme politique et économique est dans la nature même de la vie des collectivités. Agir-par-soi, − on me pardonnera ce pléonasme −, signifie fondamentalement trois choses :
 
         1o se gouverner soi-même tant intérieurement qu'extérieurement,
         2o exploiter soi-même ses ressources économiques intérieures dans tous les secteurs et
         3o commercer soi-même avec l'extérieur. 

Agir ainsi est un bien en soi. L'indépendance politique est un bien en soi.  L'indépendance économique est un bien en soi. En agissant par elle-même, la collectivité, − par l'ensemble de ses membres ou par son élite politique et économique −, acquiert des habitudes, de l'initiative et de l'expérience.  Agir-par-soi, vivre soi-même, sans collectivité interposée, est source de richesse d'être. 
          (Dans Histoire de deux nationalismes, p. 8-9.)

Le Livre Blanc sur l’avenir du Québec que le gouvernement de Pauline Marois nous annonce devrait mettre un terme à la confusion qui entoure la décision politique de faire l’indépendance uniquement par opportunisme politique.  Cette politique publique nationale est majeure.  Elle est la plus élevée dans l’ordre politique tant pour les individus, la société civile et la nation québécoise comme collectivité nationale distincte.  Elle est la clé de voûte de l’agir par soi collectif et source de richesse d’être.

Malheureusement, ce Livre Blanc semble vraiment être une autre activité de procrastination souverainiste.  Le 6 février dernier, la première ministre déclarait : «À trois ans du 150e anniversaire du Canada (2017), le temps est venu pour les Québécois de soupeser à nouveau les pour et les contre de leur appartenance à la fédération canadienne.» (Martin Ouellet, «Livre blanc: le PQ veut faire le procès du fédéralisme pour mousser son option.» Dans La Presse Canadienne, Shawinigan, Qc, 6 fév. 2014.) http://www.lactualite.com/actualites/quebec-canada/livre-blanc-le-pq-veut-faire-le-proces-du-federalisme-pour-mousser-son-option/  Afin de convaincre les indépendantistes, le journaliste nous rapporte que «Pauline Marois considère qu’elle aura les coudées franches pour réaliser la souveraineté si les électeurs lui accordent un gouvernement majoritaire à la prochaine élection.»  Les électeurs ne sont pas dupes. Cette déclaration est purement circonstancielle et électoraliste.

Une politique publique nationale sérieuse se prépare avec une équipe soigneusement triée sur le volet. Elle exige un travail en profondeur sur les fondements de l’indépendance. Il y a des concepts qui doivent être utilisés plutôt que d’autres. L’idée d’indépendance doit être exposée en tant que finalité politique et comme un bien en soi. Il y va du bien commun le plus important et capital pour la société québécoise toute entière. Se gouverner soi-même n’est-il pas le propre d’une nation ambitieuse et soucieuse d’agir par elle-même, librement ? Cette richesse d’être collective ou nationale rejaillira sur l’ensemble de la population du Québec et dans toutes les ramifications de la société civile. 

Se gouverner soi-même n’est-il pas le propre d’une nation ambitieuse et soucieuse d’agir par elle-même, librement ? Cette richesse d’être collective ou nationale rejaillira sur l’ensemble de la population du Québec et dans toutes les ramifications de la société civile. Le partage des compétences est une chose dans une union fédérale mais, c’est autre chose, que de posséder collectivement tous les grands pouvoirs de l’État central.

Prendre conscience des limites intrinsèques des compétences d’un État provincial n’exige pas la convocation d’une autre Commission Bélanger-Campeau (cf., ANNEXE). Les politiques de tous les partis politiques et les partisans souverainistes pourraient comprendre la difficulté s’ils se donnaient la peine d’aller au fond des choses.

Les preuves de centralisation de l’État fédéral existe in se dans la constitution canadienne depuis 1867. Elles ont été confirmées et consolidées par le rapatriement, en 1982, de la constitution canadienne.  D’ailleurs, aucun des gouvernements successifs au Québec n’a voulu entériner cette constitution.  Que faut-il de plus comme preuve pour convaincre les Québécois que leur degré d’annexion politique dans le système canadian ne répond pas à leurs aspirations collectives ? 

Il faut donc que les Québécois franchissent mentalement une étape supplémentaire.  Désormais, ils doivent se convaincre majoritairement qu’ils doivent devenir une nation au sens intégral.  Les conséquences dérivant de ce sens qui est donné au mot «nation» entraîne les caractéristiques particulières qui peuvent se résumer en ces termes

3.2.4 LA NATION AU SENS INTÉGRAL

3.2.4.b.1) La maîtrise de l’agir collectif l’emporte en valeur sur la manière d’agir :

La liberté et les moyens d’agir sont bien plus importants que le style de l’agir, c’est-à-dire les lois, les mœurs, la langue d’une nation.

Conserver la liberté et les moyens d’agir collectivement est d’un ordre bien supérieur à « conserver ses lois, sa langue, etc.


Pour toute nation, la maîtrise, l’agir (par soi)  en politique, économique et culturel, – quoique fondamentalement semblable.

3.2.4.b.3)  Être distinct avant d’être différent.

Il faut exister séparément d’abord  (avant d’avoir une personnalité collective)
Des nations distinctes ont la même langue ou les mêmes lois…


La personnalité, l’originalité viennent nécessairement après le fait d’exister.
Le style jaillit de l’habitude d’agir (par soi) ; c’est la civilisation…

(Maurice Séguin, Les Normes, Chapitre troisième, « Sociologie du national », section 3.2.4.)

La finalité de l’action politique qui inspirerait la politique publique nationale de l’indépendance du Québec aurait intérêt à dépasser le stade des lamentations sur les preuves de privation de liberté collective dans le système fédéral canadien.  Le mécontentement de la population est palpable depuis longtemps.  Malheureusement, les discours politiques souverainistes sont souvent déjantés.  Le public en est conscient.  Les incohérences s’accumulent.  Elles remontent au 6 janvier 1968.

René Lévesque publie Option Québec. « Pour un Québec souverain dans une nouvelle union canadienne ».  Deux extraits informatisés : Nous autres et Le chemin de l’avenir. http://fondationrene-levesque.org/rene-levesque/ecrits-de-rene-levesque/  (extrait 1 et 2). « Avant-propos.  À l’heure du choix. » http://blogscienceshumaines.blogspot.ca/2007/03/lheure-du-choix.html  Préface de l'historien Jean Blain. http://biblio.republiquelibre.org/Option_Qu%C3%A9bec#.C3.89pilogue  Sites consultés le 7 mars 2014. Voir Gilles Lesage, « L’option Lévesque, 30 ans plus tard » in: Le Devoir, 17 janvier 1998, p. A10.
 
Le besoin de transformation du statut provincial du Québec à celui d’indépendance nationale exige un nouveau cadrage idéologique sur «le concept d’indépendance d’une collectivité». VOIR : Bruno Deshaies, «Est-il possible à deux collectivités distinctes de posséder en commun une même indépendance? » Les normes en histoire (Chronique supplémentaire no 22), dans Vigile.net, Indépendance du Québec 362, Chronique du jeudi 23 avril 2009. http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19364 ou http://www.rond-point.qc.ca/rond-point/histoire/seguin.html Id., «Fédéralisme ou indépendantisme?», dans Vigile.net, Indépendance du Québec 363, Chronique du jeudi 30 avril 2009. (Visites : 2327 + 5 messages : 2014-03-07 14:45) http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19509

Le temps est venu de s’appliquer à aborder de front la notion d’indépendance nationale sur toutes les tribunes possibles mais, en particulier, avec tous les groupes qui souhaitent l’accession du Québec à son indépendance.  Cette conversation (ou conversion) est incontournable.  Sinon, les Québécois tourneront en rond, collectivement, pour un autre demi-siècle.  Fin des pleutreries.


ANNEXE

3.9 Le PARTAGE des COMPÉTENCES


3.9.0 Partage dans une union fédérale typique


3.9.0.1    Un certain partage des obligations, des devoirs, des charges, des permissions et des moyens se produit nécessairement dans tout système où des nations s'unissent, se fédèrent. 

3.9.0.2    Il y a des centaines de modes différents de partage entre le Central et les provinces. 
3.9.0.3    On se bornera à esquisser le partage dans une UNION FÉDÉRALE TYPIQUE QUI A DES   CHANCES DE FONCTIONNER NORMALEMENT.

3.9.1 Dans la notion de partage, premier piège à éviter :

3.9.1.1    Il ne faut pas croire que l’État central absorbe tout ce qui est « important » et que les États provinciaux ne reçoivent que le « secondaire ».
3.9.1.2    L’État central et les États régionaux possèdent normalement, à la fois, des droits (des permissions) et des pouvoirs (des moyens) importants ou secondaires pour la vie d'une ou de plusieurs collectivités.


3.9.2.2.a-1)  en politique, à l’intérieur
• (car ce demi, mais véritable pouvoir étatique organisé, doit administrer, promouvoir la vie régionale),
• l’autorité sur les affaires locales,
• les municipalités ;
 
3.9.2.2.a-2)  en politique, à l’extérieur :
• le droit (en second) et les moyens (secondaires et limités) de prendre contact et de négocier avec l'étranger ;

3.9.2.2.b-1)  en économique, à l’intérieur
• la propriété, la régie des ressources naturelles,
• un budget régional (par subvention, par vente ou location des ressources naturelles et par
• le droit à ce qui reste de la taxe directe…),
• le commerce, l'industrie, l’agriculture pour la région,
• les travaux régionaux ;
                    • le droit et la possibilité limitée d’emprunter ;

3.9.2.2.b-3) en économique, à l’extérieur
                   • le commerce avec l’étranger, d'une manière subalterne ;

3.9.2.2.c-1)  au culturel, à l’intérieur

                   • la juridiction sur le national apparent (loi civile, langue, religion),
                   • la culture nationale,
                   • l’organisation, le financement (avec des moyens limités)
                     des institutions nationales régionales (loi, langue, religion) ;

3.9.2.2.c-2)   au culturel, à l’extérieur
                   • l’organisation, le financement de la représentation culturelle.

3.9.2.3 Remarques supplémentaires sur le partage des compétences

3.9.2.3.1 On ne peut partager nettement les compétences : il y a interpénétration...
3.9.2.3.2 Certains secteurs sont nécessairement mixtes : immigration, agriculture, etc. 
3.9.2.3.3 La sécurité sociale peut dépendre du central, du régional ou des deux...
3.9.2.3.4 Il est très difficile, dans la réalité, de distinguer jusqu'où vont les compétences.
               La même difficulté se retrouve en histoire.
(Maurice Séguin, Les Normes, Chapitre troisième, « Sociologie du national », division 3.9.)

NOTE DE RECHERCHES

Gouvernement du Québec, Projet de rapport, Commission d’étude des questions afférentes à l’accession du Québec à la souveraineté. Document de travail, 16 septembre 1992, 193 p.
ISBN 2-550-26527-0  Liste des documents qui ont été déposés auprès de la Commission d’étude : http://www.saic.gouv.qc.ca/institutionnelles_constitutionnelles/commission_etude_souverainete.htm
N. B. Certaines études sont en ligne et d’autres n’indiquent que les titres ou l’abrégé du document. REM. :  Il y a 22 ans, les politiques répétaient ce que nous savions depuis 150 ans ! 

Béchard, Fabien, « René Lévesque: le bâtisseur. » Dans Le Devoir, samedi ,1er novembre 1997.
http://archives.vigile.net/hist/biographie/bechardlevesque.html  L’auteur était Premier vice-président du Parti québécois. Discours très élogieux avec un parti pris marquant envers l’homme.

Lesage, Gilles. « L’option Lévesque, 30 ans plus tard » in: Le Devoir, 17 janvier 1998, p. A10. http://pages.infinit.net/histoire/option.html

Lévesque, Yves, et Bélanger, Michel, René Lévesque. L'homme, la nation, la démocratie, Presses de l'Université du Québec, Sillery, 1992.
 
Bélanger, Yves et Michel Lévesque, avec la collaboration de Richard Desrosiers et Lizette Jalbert, René Lévesque : L’homme, la nation, la démocratie, Québec, Presse de l’Université du Québec, 1992, 495 pages.

Colloque 1991 : René Lévesque, l’homme, la nation, la démocratie.
Les exposés qui suivent ont été présentés à l'occasion du colloque René Lévesque tenu, en mars 1991, à l’Université du Québec à Montréal. Ils ont été publiés sur le site de la Fondation René Lévesque :
•  Marc Brière – Fragments d’un portrait de René Lévesque
•  Kenneth McRoberts – René Lévesque, le grand démocrate
• Jacques-Yvan Morin – René Lévesque et les droits fondamentaux des autochtones du Québec
  Source : http://fondationrene-levesque.org/colloques/colloque-1991/
 
Ouvrages de référence : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cial:Ouvrages_de_r%C3%A9f%C3%A9rence/2-89295-140-2  On y trouve toutes sortes de catalogues de bibliothèques et de distributeurs de livres.  Surprenant.

 Mise à jour : 18 mars 2014  8:48




 

mercredi 27 mars 2013

SUR LA LUTTE NATIONALE AU 2e DEGRÉ (I de II))


Gilles Duceppe et l’option du LIT (Lois, Impôts et Traités)

et Christian Dufour relatif au poste de lieutenant-gouverneur

26 mars 2013, par Bruno Deshaies

L’option du LIT par les défenseurs du souverainisme n’est qu’un sous-produit du fédéralisme réformé.  Les Québécois ne se mettront pas à danser sur cette chanson-là demain matin.  C’est une fois de plus du tricotage constitutionnel qui ramène la collectivité nationale québécoise dans l’entonnoir des contorsions du fédéralisme ou d’un simulacre d’union fédérale quelconque dont on ne pourra jamais voir le bout du tunnel.  Voilà un exemple de plus de « la part de notre Histoire ».

Dans la même foulée, la lutte contre l’existence  du poste de lieutenant-gouverneur du Québec n’exprime qu’une insatisfaction à l’égard des institutions fédérales.  C’est une lutte dans le régime.  Par contre, DANS L’OPTIQUE INDÉPENDANTISTE, ce n’est ni cela ni, autrement, une question de droit de réserve, de veto exercé par l’État central, de Cour suprême choisie par le central, de Sénat suranné, d’injustice découlant du régime et des institutions fédérales, etc.  Le Canada-Anglais ne peut être qu’importuné par la province récalcitrante.  Les incompréhensions,  pour le moins que l’on puisse dire, vont continuer et même s’aggraver.  Le perdant sera toujours le Québec-Français. 

« Malheureusement, comme je l’écrivais dans un commentaire précédent,  il existe des conditionnements cognitifs qui empêchent une mutation évidente dans le cerveau. Des réponses habituelles sinon répétitives sont des automatismes aveugles exécutés sans la participation directe de la volonté ou de l’intelligence. Cette pente naturelle entraîne une majorité de québécois vers le fédéralisme pur et dur. »

L’esprit des deux articles qui suivent est dans ce mode des conditionnements cognitifs et des automatismes aveugles de la pensée.  En ce sens, le cerveau joue un très grand rôle.

Gilles Duceppe, « Deux poids, deux mesures ».  Journal de Montréal, lundi, 25 mars 2013, p. 27.  Pour les abonnés : http://www.journaldemontreal.com/2013/03/24/deux-poids-deux-mesures

Christian Dufour, « Se débarrasser enfin du lieutenant-gouverneur ». Journal de Montréal, lundi, 24 mars 2013, p. 27.

Pour résumer, ces articles illustrent la LUTTE NATIONALE AU 2e DEGRÉ qu’on pourrait définir  en ces termes :

C’est une lutte qui se déplace de l'ordre des sentiments (premier degré) sur un autre plan qui est celui des rapports sociaux.  Cette lutte oppose plutôt des idées, des politiques ou des stratégies.  Deux nationalités en conflit se heurtent, se querellent sur un grand nombre de points secondaires : lois, coutumes, mœurs, institutions.  Ces divergences au second degré accaparent les esprits.  Presque toutes les récriminations entre les deux groupes se font à ce niveau.

Il s'agit des luttes à l'intérieur du régime.  C'est la manière de se gouverner.  Est-ce qu'il se gouverne bien ?  Est-il bien ou mal administré ?  Il s'agit des habitudes et des manières de vivre et non pas des « innéités » collectives.  Dans ce cas, la lutte soulève plutôt la question suivante : Comment est-on gouverné ? 

 Par exemple, on a pu voir récemment ce qu’un gouvernement provincial a pu imposer aux Québécois afin de resserrer sa position durant la période du « printemps érable ».

« Si donc tu emprisonnes selon une idée préconçue
et s’il se trouve que tu en emprisonnes beaucoup... » 
Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle.

Suite : Voir la Partie (II) à la fin de la section réservée aux Commentaires. Cf., http://www.vigile.net/L-INDEPENDANCE-ET-L 

lundi 12 novembre 2012

INDÉPENDANCE NATIONALE DU QUÉBEC 398


 NOTRE POLITIQUE PROVINCIALE

Le gouvernement Marois propose : « …un pays neuf.  Un pays qui nous ressemble : un pays pour tous ! »

Chronique de Bruno Deshaies 
Dimanche, 11 novembre 2012
Source : http://www.vigile.net/Le-gouvernement-Marois-propose-un
Visites : 408 2012-11-11 13:44 472 2012-11-11 20:55

Le Discours d’ouverture de la 40e Législature (cf., http://pq.org/actualite/nouvelles/notes_de_discours_de_la_premiere_ministre_du_quebec_a_loccasion_de_louverture_de )  par la première ministre du Québec illustre l’inconfortable position de tout gouvernement du Québec dans le système canadian.  Il ne peut être rien de plus qu’un gouvernement provincial.  Tout est de nature LOCAL. Si l’on accepte cette prémisse, il est alors très normal de raisonner de la manière qui suit : 

 Extrait du Discours d’ouverture :


DEVANT LE GOUVERNEMENT FÉDERAL, NOUS AVONS DÉCIDÉ D’ADOPTER UNE APPROCHE CONSTRUCTIVE, mais ferme. Le gouvernement en place à Ottawa affirme reconnaître le Québec en tant que nation et se dit désireux de respecter les champs de compétence de chacun.
 
MON GOUVERNEMENT S’ASSURERA QUE LE PARTAGE DES POUVOIRS INSCRITS DANS LA CONSTITUTION CANADIENNE SOIT RESPECTÉ DANS TOUS LES DOMAINES. Nous défendrons âprement nos intérêts, y compris en matière de transferts fédéraux pour la santé et les services sociaux.

Je le ferai en toute occasion, par exemple en me rendant à la prochaine rencontre du Conseil de la Fédération.

LES QUÉBÉCOIS DEMEURENT PARTAGÉS SUR LA QUESTION NATIONALE, mais l’idée que le Québec se tienne debout et défende ses intérêts rassemble une grande majorité d’entre nous.

 COMME VOUS LE SAVEZ, NOUS FORMONS UN GOUVERNEMENT SOUVERAINISTE.  NOUS CONSIDÉRONS QUE LE QUÉBEC A TOUT À GAGNER À DEVENIR UN PAYS. C’est vrai en matière juridique, où notre appartenance à l’ensemble canadien vient avec l’imposition d’une Constitution jamais signée par le Québec. Cela limite notre capacité à définir nous-mêmes nos lois linguistiques, le régime réglementaire de nos télécommunications, notre citoyenneté ou encore nos lois criminelles.

Le Québec a tout à gagner aussi à maîtriser tous ses impôts et taxes. Pensons par exemple aux milliards de dollars de nos impôts qui ont aidé l’industrie de l’auto en Ontario ou les chantiers maritimes de la Nouvelle-Écosse, alors que notre industrie du bois et notre secteur manufacturier sont laissés-pour-compte par Ottawa.

PENSONS AUX ECONOMIES SUBSTANTIELLES QUE LA SOUVERAINETE NOUS PERMETTRA DE FAIRE DANS LES DEPENSES BUREAUCRATIQUES EN ELIMINANT TOUS LES DOUBLONS ADMINISTRATIFS. Le Québec ne gagne rien à financer deux ministères des Transports, de l’Environnement, des Finances, deux Agences du revenu, deux Conseils du trésor ou même deux Parlements et un Sénat.

 PENSONS A NOS PRIORITES COMME NATION. Que voulons-nous faire avec nos impôts : financer la célébration de la guerre de 1812 et de la royauté ou financer notre culture et notre éducation ?

LE QUÉBEC A TOUT À GAGNER À PARLER DE SA PROPRE VOIX DANS LE MONDE, à être présent dans les forums internationaux où notre avenir se dessine et à mettre en œuvre sa propre politique étrangère, selon nos intérêts et nos valeurs.

 Bref, les membres du gouvernement et moi-même allons continuer de PROMOUVOIR CETTE IDÉE SELON LAQUELLE LE SEUL AVENIR DIGNE DE CE NOM POUR LA NATION QUÉBÉCOISE CONSISTE À REPRENDRE SA LIBERTÉ EN FONDANT UN PAYS NEUF.  UN PAYS QUI NOUS RESSEMBLE : UN PAYS POUR TOUS !

Maintenant, relisez le même extrait en ne retenant que les passages en majuscules. N’observez-vous pas certaines contradictions ?  Qu’est-ce à dire, entre autres, de cette idée que  « le seul avenir digne de ce nom pour la nation québécoise consiste à reprendre sa liberté en fondant un pays neuf.  Un pays qui nous ressemble : un pays pour tous ! »   Ce concept de « pays neuf » que peut-il signifier au juste ?  N’est-ce pas des mots vagues et flous ?  Peut-on imaginer qu’ils signifient réellement l’indépendance nationale du Québec comme fin visée ? 

Le peuple a compris depuis longtemps que le discours des péquistes est amphigourique, car il prête d'abord à la conversation de ceux qui s'en servent.  Il a compris que ce discours en était un de pouvoir.  Farouchement, il s’objecte à ce chantage déplorable de la « g-o-u-v-e-r-n-a-n-c-e » souverainiste ou du bon gouvernement qui sait défendre nos intérêts. Il n’est pas convaincu que le rafistolage constitutionnel par étape produira les avantages escomptés.

Dans le domaine des relations fédérales provinciales, la première ministre désire « engager des pourparlers avec le gouvernement fédéral pour rapatrier les budgets et programmes culturels ». Elle précise, entre autres, ce qu’elle souhaiterait.  Elle déclare : « Il est plus que temps, de renforcer l’enseignement de notre histoire et c’est ce que nous ferons graduellement, du primaire jusqu’aux chaires de recherche dans les universités. »  Vient ensuite une série de demandes  qui viserait tout bonnement à élargir la marge d’autonomie locale que son gouvernement voudrait obtenir. « Pensons, déclare-t-elle, aux économies substantielles que la souveraineté nous permettra de faire dans les dépenses bureaucratiques en éliminant tous les doublons administratifs. »  De là la conclusion indubitable : « Nous considérons que le Québec a tout à gagner à devenir un pays. » 

Le premier acte d’importance du gouvernement au plan législatif vient d’être réalisé par le gouvernement péquiste. Il donne le ton et le style du gouvernement Marois pour les prochains mois et, probablement, pour une deuxième année.  Déjà deux projets de loi sur la réforme électorale sont en cours de discussions à l’Assemblée nationale. 

 Le deuxième acte gouvernemental qui a généralement le plus gros impact sur la société québécoise concerne le dépôt du budget annuel du gouvernement.  Avec ces deux pièces législatives on a en mains le cadre général des décisions majeures qui touchent l’ensemble des activités ministérielles de notre politique provinciale.  On nous dit que les nouvelles mesures annoncées concernant la taxe santé apparaîtront dans le budget.  Cette pièce du puzzle politique sera aussi accompagnée de considérations générales sur l’économie québécoise et ses indéniables limites quant aux actions gouvernementales possibles au plan provincial.  L’exploitation des ressources pétrolières et forestières feront certainement l’objet de mesures budgétaires.  Il faut relire le Discours d’ouverture pour constater que le gouvernement Marois, même en situation minoritaire dans le parlement, propose un nombre considérable d’actions gouvernementales.  À cet égard, le premier budget du ministre des Finances du gouvernement Marois prévu pour le 20 novembre constitue un véritable casse-tête.   

 Le troisième acte est rarement joué parce qu’un gouvernement provincial s’occupe du local et, en gros, de ce qui est le SOCIAL, c’est-à-dire tout ce qui concerne la vie d’une société provinciale dans le cadre constitutionnel qui est le sien propre. Il se peut que ce troisième acte soit perturbé par le problème global du financement de l’enseignement supérieur.  Pour l’instant, il semble que c’est mal parti.  Il ne faudrait pas croire que le règlement de ce conflit social avec les étudiants va résoudre le problème NATIONAL du Québec.  Il demeure de l’ordre de la lutte sociale pour le moment, c’est-à-dire provincial.  Tous les ministres des finances du Québec ont buté sur ce mur depuis 1867.  Les limites des pouvoirs du gouvernement provincial sont intrinsèques à La loi constitutionnelle canadienne de 1867.  Ce n’est même pas une question de centralisation ou de décentralisation.  En fait, la nation québécoise «  ne possède qu'une emprise limitée, sur un rouage provincial aux compétences restreintes et aux pouvoirs de taxation encore plus réduits à cause de la présence au cœur même du Québec des maîtres du Canada-Anglais » (cf., Maurice Séguin, Histoire de deux nationalismes, Montréal, Guérin, Éditeur, 1997, p. 389).  Il se peut fortement que le gouvernement de Pauline Marois stagne plus longtemps qu’elle ne peut l’imaginer dans la « gouvernance provinciale». 

 Telles que les choses se présentent en ce moment, il est peu probable que les Québécois assistent  à des manœuvres d’actions pro-indépendantistes dans la société et les différentes régions au Québec.  Il y a plutôt de très grosses chances que les indépendantistes soient laissés à l’écart. Leur parti « national » leur rappellera qu’ils seront conviés d’y travailler aux prochaines élections. La tradition péquiste est toute concentrée sur l’organisation politique du parti.  Cela est encore plus vrai parce que le gouvernement Marois est un gouvernement minoritaire.  Mais aussi par que ce gouvernement rêve d’un « pays neuf » au lieu de nous dire qu’il veut s’occuper tous les jours de l’indépendance nationale du Québec en utilisant  les mots justes et les moyens appropriés.  On peut prédire immédiatement qu’il y aura inévitablement un affrontement national.  Comment y faire face.

 Afin d’assumer réellement le dernier acte, le gouvernement de Pauline Marois doit montrer de la vision politique.  Comme première ministre et ministre du Ministère du Conseil exécutif de l’État du Québec, elle a la lourde tâche d’en faire son quartier général si elle veut sérieusement entreprendre cette course dans le domaine de l’ACTION NATIONALE, soit sur cette question fondamentale des relations à changer en profondeur entre la société québécoise et la société canadian.  Dans ce rapport de force, la question porte sur le NATIONAL plutôt que sur les conflits sociaux.  

 Pour faire l’indépendance nationale du Québec, il faut apprendre à perdre les réflexes de provinciaux et notre habituel atavisme national associé à notre politique provinciale.  Il faut changer de registre.   C’est possible et réalisable mais néanmoins difficile.

COMMENTAIRES


 •  Le gouvernement Marois propose : « …un pays neuf. Un pays qui nous ressemble : Un pays pour tous ! »

9 novembre 2012, par Ghislaine Bussière

Le P.Q. ne changera pas de registre parce qu’Il n’y croit pas.

Il a perdu son âme.

•  Le gouvernement Marois propose : « …un pays neuf. Un pays qui nous ressemble : Un pays pour tous ! »

9 novembre 2012, par Jean-Jacques Nantel

La réponse fédérale aux chiâleries de Pauline Marois est toute trouvée : c’est non, non et toujours non. Et elle ne peut rien y faire.

Le PQ de Pauline Marois a purement et simplement abandonné le projet national et utilise le vocabulaire souverainiste uniquement pour conserver sa base militante et financière. Leur seul objectif est le pouvoir, un pouvoir personnel. ¨Et après nous le déluge¨, se disent-ils.

Comme leur programme stipule que l’indépendance ne pourra se faire qu’à la suite d’un référendum, le simple fait qu’ils ne planifient pas de référendum et qu’ils se gardent bien d’en parler prouve qu’ils ont abandonné le projet par peur des années de turbulence prévues par Pauline Marois elle-même.

Leur grande excuse, qui date de Bouchard, est qu’on n’a pas le pourcentage. Or, ils font entrer chaque année 50,000 immigrants qui vont presque tous voter non ; ce qui réduit chaque jour le fameux pourcentage. Conclusion évidente : ils ne tiendront jamais de troisième référendum.

Le problème au Québec, c’est l’invasion immigrante organisée par le fédéral et appuyée par le PQ qui refuse d’agir de ce côté par pure lâcheté morale. Il aurait fallu réduire l’immigration à 5 ou 10,000 immigrants par année, subventionner massivement la natalité dans les régions et tenir un référendum. Mais tout cela est refusé par les dinosaures des années 70 qui nous dirigent.

Apparemment, le peuple québécois est le seul et unique peuple du monde qui ait l’obligation morale de se suicider. En fait, on n’est le seul qui soit assez couillon pour le croire, le dire et le faire.

Sauf un miracle, notre peuple a de nouveau perdu ; peut-être de façon définitive. Maintenant, nous allons devoir payer pour notre petite révolte des cinquante dernières années. Et ça va nous coûter cher pendant des siècles...

Jean-Jacques Nantel, ing.

 •  Le gouvernement Marois propose : « …un pays neuf. Un pays qui nous ressemble : Un pays pour tous ! »

9 novembre 2012

Vous avez raison : nous - les indépendantistes - avons été trahis par nos représentants. J’ai d’ailleurs écrit un livre qui raconte en détails cette trahison. Voir : Indépendance : Le PQ a trahi ses militants, publié aux Éditions Schneider.

 La trahison remonte à 1973 quand, contrairement au programme, les leaders du parti, Lévesque et Morin, ont décidé qu’un vote pour le PQ n’était pas un vote pour l’indépendance mais un vote pour un bon gouvernement.

C’est la même stratégie qui prévaut encore aujourd’hui avec la gouvernance provinciale déguisée en gouvernance dite "souverainiste", un euphémisme de valorisation, s’il en est un.

Plus le temps avance, plus nos chances diminuent. Il y a juste les péquistes qui ne s’aperçoivent pas et qui continuent à vouloir gouverner la province de Québec.

C’est tragique ce qui se passe. Je vais mourir triste.

 Pierre Cloutier

•   Le gouvernement Marois propose : « …un pays neuf. Un pays qui nous ressemble : Un pays pour tous ! »

 9 novembre 2012, par André Gignac

Monsieur Deshaies

Il n’y a plus rien à attendre du PQ au sujet de la question nationale. Les indépendantistes ont été trahis, floués par la direction de ce parti et pour ajouter l’insulte à l’injure, Marois et sa succursale provinciale d’Ottawa, continuent à en mettre pour nous démobiliser en ne réduisant pas les quotas d’immigration qui causeront notre perte comme peuple.

 Présentement, je ne vois que deux solutions à l’horizon. La première serait que les députés du PQ organisent un putsch pour se débarrasser de Marois comme chef et qu’ils la remplacent par Jean-Marie Aussant. La 2e solution, ce n’est pas compliqué ; le peuple descend dans la rue pour faire l’indépendance. Nous en sommes rendus là ; le reste n’est que verbiage d’intellos. Il y a urgence dans la demeure !

André Gignac 9 nov 12

•  Le gouvernement Marois propose : « …un pays neuf. Un pays qui nous ressemble : Un pays pour tous ! »

 9 novembre 2012, par André Gignac

 @ Monsieur Nantel
J’ai bien aimé votre commentaire ! Je n’arrête pas de dénoncer sur Vigile la menace que représente cette immigration massive de 55 000 nouveaux arrivants, annuellement, au Québec. C’est vraiment un suicide collectif auquel nous assistons impuissamment comme vous le dites si bien. Marois et ses députés sont-ils vraiment conscients de la gravité de la situation au Québec pour refuser de diminuer les quotas d’immigration ? Le peuple québécois a-t-il abdiqué pour la prise en main de son avenir ? J’aimerais bien que quelqu’un m’explique, me donne l’heure juste sur Vigile.

 Comme vous le dites si bien dans votre commentaire ; Marois va avoir à affronter les 5 années de turbulence qu’elle avait prédites, il y a quelques années, advenant l’indépendance du Québec. J’en reviens tout simplement pas de la peur, de la lâcheté de notre classe politique québécoise. Je me sens trahi et je trouve ça réellement démotivant de me battre pour mon pays lorsque tu n’as pas d’appui de la part de ceux qui sont supposés te tracer le chemin de cette indépendance à réaliser. Dégueulasse ! Où se cachent les anciens chefs du PQ pour dénoncer cette démission de la classe politique actuelle ? Ont-ils abdiqué eux aussi ? Qu’arrive-t-il du leadership, de la volonté politique de réaliser l’indépendance du Québec qui est urgente plus que jamais ?

 André Gignac 9/11/12

 • Le gouvernement Marois propose : « …un pays neuf. Un pays qui nous ressemble : Un pays pour tous ! »

9 novembre 2012, par Pierre Bourassa

Je trouve que nous vivons actuellement une période intéressante.

Nous sortons d’une grande noirceur de 10 ans pendant laquelle mensonges par dessus mensonges nous ont été projetés en plein visage et durant laquelle nous avons été pillés solide par ces bandits de grands chemins et nous en sommes encore sonnés.

Déchirés, la mort dans l’âme après le référendum volé de 1995,le vice-président du comité du non,

JJ Charest et sa gagne de financiers occultes, reviennent à la charge, l’écume à la bouche,                                                                                                                             reprennent le pouvoir ayant pour mission de nous assener le coup fatal,celui dont rêvait Lord Durham.

 $75,000 par année d’argent en dessous de la table semblait suffisant à Charest pour qu’il exécute ses basses œuvres.

 Mais voilà, enquêtes journalistiques obligent, bons travaux de recherche de certains députés de l’opposition et l’énergie ressucitante du mouvement étudiant nous on permis de justesse de se débarrasser de ce gouvernement corrompu.

 Puis la fameuse Commission Charbonneau dont Charest et ses 40 voleurs ne voulaient rien savoir a commencé à livrer ses fruits .

 Où veux-je en venir ?

Soyons patients. Il y a déjà de bons coups qui ont été portés. Je pense à l’orientation en environnement, l’investissement en éducation (au lieu de frapper notre jeunesse, l’avenir du Québec),

 Les contrats secrets du pillage de nos ressources pétrolières qui devraient nous être révélés et revérifiés,

 des redevances améliorées, le retour de l’enseignement de l’histoire du Québec à l’école etc etc.

 Bref on arrive de loin. Et on ne réalise même pas encore l’amplitude des dégâts que nous a causé sciemment le gouvernement précédent pendant ces 10 dernières années.

 Laissons-nous le temps de respirer un peu.

Actuellement, la souveraineté, je la compare à une belle bagnole stationnée pendant dix ans et sous laquelle le PLQ avait creusé un trou.

 Une nuit, il coupait la ligne à gaz, puis le câble à frein. Un autre soir il perforait le réservoir et le radiateur. Il a eu 10 ans pour faire en sorte que ce véhicule soit saboté au maximum et ne puisse reprendre la route.

 Le mot souveraineté est demeuré intacte mais son véhicule a un immense besoin d’être remis en état de marche. Nous avons tous été sabotés par ce gouvernement de traîtres.

 Après avoir orchestré la déconfiture des 40 milliards de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec, tout en le niant évidemment, Charest déclenche en plein mois de décembre 2008 des élections. Ce n’est qu’après que nous découvrirons l’horreur.

 2012 corruption, collusion fusent de toute part, Charest fait de la diversion avec les étudiants et annonce en plein été des élections générales pour le 4 septembre, avant le véritable début des travaux de la Commission.

 Et nous prenons acte présentement de l’horreur de ce qui ne commence qu’à nous être révélé, heureusement après s’être débarrassé de ce gouvernement.

 Je crois que nous sommes présentement dans une conjoncture favorable mais il faut prendre le temps de guérir.

 Malgré ses 50 députés, le PLQ, à la lumière de tout ce qui sort le liant à la corruption, n’a plus aucune crédibilité comme opposition officielle.

 À lire les forums de discussions, les gens s’ouvrent maintenant les yeux et réalisent à quel point c’est grave ce qui vient de nous arriver.

 Autre point qui joue en notre faveur: la grève au hochey...

Je n’ai pas voté PQ,  et je ne suis pas un fan de Marois, mais malgré tout je trouve qu’il y a un discours au PQ qui s’adresse aux québécois, ce que je n’avais pas entendu depuis belle lurette et pour moi en tout cas çà me fait du bien.

 La souveraineté du Québec n’appartient à aucun parti et lorsque la population comprendra l’enjeu, c’est elle qui décidera. Restons unis pour la souveraineté du Québec, après nous créerons nos partis à l’an 1 du pays du Québec.

 POUR UNE POLITIQUE NATIONALE ET NON PROVINCIALE

Dimanche, 11 novembre 2012, par Bruno Deshaies

Je remercie tous les intervenants qui ont réagi à cette chronique. Je constate qu’on voudrait tous la même chose mais que c’est difficile d’y parvenir. La question qui se pose est la suivante :
« Sommes-nous toutes et tous au même diapason ? »

En effet, nous sommes véritablement dans une situation collective de désarroi et même plus, d’égarement, c’est-à-dire de perte du sens des réalités (sauf pour monsieur Laurent Desbois qui croit que « La décanadianisation du Québec s’accélère ». Disons que si tout allait aussi bien, le PQ aurait dû former un gouvernement majoritaire. Ce ne fut pas le cas. Les excuses ne suffiront jamais à expliquer le résultat final des élections du 4 novembre.

À notre avis, la méconnaissance atavique des « péquistes-péquistes-d’élections » de la grande histoire du Canada français d’abord et du Québec qui en est l’aboutissement historique illustre leur comportement d’aujourd’hui. Le poids de l’optique fédéraliste est tel dans leur esprit qu’ils sont incapables de procéder à une autocritique des idées traditionnelles qui les habitent inconsciemment et fortement – au point où la question ne se pose même plus. Ils ont raison envers et contre tous. Ces « péquistes-péquistes-d’ élections » chantent maintenant en chœur à Sherbrooke leur retour au pouvoir. On continue à vivre notre belle politique provinciale.

Je les connais comme tous nos éditeurs subventionnés qui jouent aux censeurs d’auteurs.  Aucun esprit critique. L’appât du gain est leur salaire ! Vous pouvez même oublier l’indépendance nationale avec tous ces gens bien-pensants supportés par leurs directeurs et directrices d’éditions qui n’acceptent que les poncifs et les clichés. Il n’est pas question de prendre des risques. Et ne croyez pas non plus que les Chaires de recherche du Canada sont pour l’unité québécoise. Elles constituent la pire des intrusions fédérales pour combattre le sentiment national québécois et l’unité québécoise. Ce programme fédéral parallèle de financement universitaire vise la défense de l’unité canadian, un point à la ligne. Vingt-cinq ans de ce régime et la future génération de Québécois-Français parlera peut-être encore le français mais ils penseront canadian et plus souvent qu’autrement ils nous adresseront la parole en anglais (avec s.t. fr.). N’est-ce pas la plus grande richesse du biculturalisme ? Allez poser la question à Justin Trudeau ? Ce sera très probablement la nouvelle réalité du « pays neuf » que nos élites intellectuelles nous préparent stupidement. Le pouvoir politique péquiste vient même d’emboîter le pas avec une ignorance crasse.

En revanche, le défi des indépendantistes n’est pas de s’attaquer frontalement aux « péquistes-péquistes-d’élections », car c’est perdre son temps. Les indépendantistes doivent chercher à communiquer avec le peuple, avec la masse. Selon moi, il y a un chemin critique à suivre afin d’accepter l’idée d’indépendance nationale du Québec.

J’aimerais rappeler à mes interlocuteurs ma 179e chronique en 2004 :
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INDÉPENDANCE DU QUÉBEC -179 (jeudi, 20 mai 2004) : « ON SE MOBILISE. Pour promouvoir un gouvernement national du Québec indépendant et déstructurer le gouvernement bicéphale du Québec actuel. » http://www.archives.vigile.net/ds-d...
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Pour reprendre la conversation, je dirais ceci :

Nous vivons depuis très longtemps comme collectivité nationale sur une ERREUR GRAVE D’APPRÉCIATION DE NOTRE HISTOIRE VÉCUE COMME NATION. L’Histoire de deux nationalismes au Canada, cette synthèse incomparable de l’évolution des deux Canadas par Maurice Séguin, vise rigoureusement à décrire les égarements des Canadiens-Français depuis 1760 mais surtout depuis 1800 environ, soit au cours de la deuxième génération de Canadiens soumis à l’emprise encore plus soutenue des British americans. Les Québécois-Français sont maintenant rendus à la huitième génération de « Canadiens » qui vivent le même contexte des générations d’hier.

En 2012, c’est le même contexte. Explication de Maurice Séguin : « Une défaite organique qui n’a rien perdu de son intensité. » Par conséquent, un processus inexorable d’annexion par une société plus forte et mieux nantie mais inquiète quant à son avenir face aux États-Unis et en butte avec une société conquise, désorganisée et déstructurée qui vit sa vie comme une nation annexée, subordonnée, provincialisée, superposée et insérée malgré elle dans un processus d’assimilation en cours qui signifie « l’action de rendre "semblables" ». Mais le « processus terminé, la situation terminale », selon Maurice Séguin, se résume en deux temps :

a) perte totale de tout sentiment d’être distinct…

b) cessation de toute recherche de « séparatisme »... chez les individus descendant d’un groupe qui, à un moment donné de l’histoire, se reconnaissait comme formant une communauté distincte  » (Dans Les Normes, Chapitre troisième : « L’assimilation ».)  Il en résulte deux constats.

Un premier constat : l’assimilation est l’œuvre du temps. « Il est très facile d’annexer des nationalités. Il est beaucoup plus difficile d’aboutir à l’assimilation totale. (Ibid.) »

Un deuxième constat : l’effet de l’assimilation prolongée. « La cause de l’assimilation est l’annexion prolongée… Être annexé, agir comme individus dans les cadres d’une autre nation… amène la destruction finale, totale de l’agir (par soi) collectif, en politique, en économique, au culturel… (Ibid.) »

Quel est l’avantage pour la nation majoritaire ? Réponse de Maurice Séguin : « Elle élimine (définitivement) "les crises d’appendice", les revendications, etc., du nationalisme minoritaire. (Ibid.) » Voilà l’objectif du Canada-Anglais ici même et ailleurs dans le reste du Canada.

 Selon cette approche nationale, il est évident que le phénomène ne peut se confondre avec les conflits sociaux (comme le fait René Lévesque dans cet extrait : « Le capital et le travail »

 http://www.youtube.com/watch?featur... ), le combat pour la langue pour préserver seulement une identité culturelle est bel et bien le cas de figure classique des « conflits sociaux ». Quant à la promotion et à la défense de l’indépendance nationale du Québec, il ne s’agit plus d’une lutte DANS le régime mais essentiellement une lutte SUR le régime. C’est plus qu’une « révolution tranquille » ou une idée floue tel ce slogan insignifiant : « Un pays qui nous ressemble : un pays pour tous ! »

 J’aimerais rappeler ici ma 283e chronique en 2007 :
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INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 283 (jeudi, 5 avril 2007 - 2029 visites + 5 messages). « La désorientation politique est-elle consubstantielle au PQ ? Les souverainistes doivent cesser de souffler le chaud et le froid. » N. B. Photo de René Lévesque en compagnie de Pierre Elliot Trudeau quelques heures avant son décès survenu le 1er novembre 1987. http://www.vigile.net/La-desorienta...
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Pour ne pas se laisser « dégriffer », il faudra bien un jour mettre sur la table des idées cohérentes qui iront dans le sens de l’optique indépendantiste. Le combat doit consister à faire prévaloir la thèse de la « foi » indépendantiste vs la « foi » fédéraliste qui domine encore majoritairement l’univers politique québécois. Pour ce faire, les indépendantistes ont l’obligation de s’entendre sérieusement entre eux afin de mettre en commun leurs idées et l’action indépendantiste. Il ne s’agit pas de former une chapelle mais de trouver les moyens de diffuser le message indépendantiste, car il faut sortir du carcan des partis politiques et de la voie électorale à sens unique.

Comment pourrait-on y arriver ? Dans ce combat, le plus important consistera à savoir « ce que c’est que l’indépendance ». Il ne suffit pas seulement de faire face à la provincialisation et de nous amuser dans notre politique provinciale. Il faut monter vers l’indépendance. Facile à dire mais plus difficile à faire. La première action doit commencer par des idées claires et partagées en vue de créer un sentiment national qui vise à réaliser l’unité nationale d’une majorité québécoise.

 L’histoire n’est pas inerte. Son poids pèse lourd sur les épaules des hommes. Le changement radical de trajectoire d’une courbe historique telle l’annexion d’une société par une autre ne se vit pas uniquement dans l’actuel. Comme on sait depuis longtemps, la nation annexée subit « une perte irréparable », soit celle de sa liberté collective ou de son agir par soi collectif sur les aspects politique, économique et culturel. À cet égard, les indépendantistes pourraient réfléchir sur cette autre « norme » de Maurice Séguin qui se rapporte au thème « Objectivité, sincérité, respect de la vérité. »

 « Devant une perte irréparable (ou non réparée), devant un obstacle insurmontable (ou non surmonté), être de bonne foi dans l’ignorance ou, ce qui est plus grave, refuser de voir clair, c’est d’abord, par ignorance des facteurs, des pressions qui limitent et paralysent, se mettre dans l’impossibilité de comprendre d’une manière réaliste la situation actuelle. » (Cf., Les Normes, Introduction.)

 En terminant, j’aimerais signaler que les Québécois ne pourront jamais réaliser l’indépendance du Québec s’ils ne discutent du problème seulement dans l’agitation de l’actualité qui nous submerge. Il faut le recul de l’histoire pour parvenir à façonner l’histoire de demain qui sera ce que nous voulons collectivement et faire d’abord le choix de l’indépendance nationale du Québec. Cette vision suppose l’obtention de la plénitude des pouvoirs de la nation indépendante au sens intégral, c’est-à-dire la souveraineté interne et externe qui s’accomplit par la présence par soi au monde. Il s’en suit que l’interdépendance sort de cette ouverture au monde grâce à l’égalité de « status » de l’État souverain et de la souveraineté populaire de la nation indépendante. Ainsi, le Québec devient désormais présent par soi au monde et distinct de lui. Libre de l’intoxication fédéraliste, la pensée indépendantiste doit précéder et préparer l’action prochaine.

 

mercredi 3 octobre 2012

L’INDÉPENDANCE NATIONALE ET LE GOUVERNEMENT MAROIS


 
Q
ue les politiques péquistes et les ex-parlementaires souverainistes cessent de finasser avec la fin et les moyens.

« Depuis cinq décennies, les voix politiques nous ont entretenus sur le problème des fins et des moyens si bien que la dialectique « DES FINS-MOYENS ET DES MOYENS-FINS » est venue embrouiller la solution du problème de l’ANNEXION des Québécois dans l’empire fédéral canadian. » 

Je remercie tous les internautes qui ne cessent d’accéder à ma 397ième chronique qui porte sur les premiers jours du gouvernement de Pauline Marois.  En ce moment, près de mille visiteurs l’ont visitée. Pour toutes ces personnes, je crois qu’il est nécessaire que je continue la conversation sur le thème de l’indépendance nationale.

Il m’apparaît de plus en plus nécessaire  que les souverainistes doivent se libérer du réflexe que la question de l’indépendance nationale du Québec pourrait être résolue par des répétitions de campagnes électorales et des promesses de référendums (cf., BANQ, Les référendums au Québec : bibliographie,  juillet 2005, 82 p.)

Les citoyens et les citoyennes ou les électeurs et les électrices au Québec ne font pas uniquement de la politique. Ils ne pensent pas continuellement en termes d’élections. Ils gagnent leur vie jour après jour. Cependant, ils aimeraient bien savoir si la souveraineté n’est qu’un ballon électoral qui oppose les champions du fédéralisme et les partisans du souverainisme pour la conquête seulement du pouvoir provincial à Québec. Après deux échecs référendaires et une expulsion du BLOC à Ottawa, ils semblent plutôt chercher les voix qui pourraient les guider dans leur cheminement personnel face à leur destin collectif.

Depuis cinq décennies, les voix politiques nous ont entretenus sur le problème des fins et des moyens si bien que la dialectique « DES FINS-MOYENS ET DES MOYENS-FINS » est venu embrouiller la solution du problème de l’ANNEXION des Québécois dans l’empire fédéral canadian.

Soyons clair et soyons franc. Pour les indépendantistes, la fin est l’indépendance. Cette fin, une fois acquise, devient le moteur et l’instrument pour agir par soi collectivement. Or, sur cette fin se greffe tous les moyens dont une nation a besoin pour jouir et user de sa liberté collective. Ainsi l’espace public libéré de cette contradiction originelle peut enfin ouvrir les portes à la vision politique, sociale, économique et culturelle du futur. L’inverse est une aberration. La situation actuelle au plan politique l’illustre suffisamment pour saisir à quel point l’annexion du Québec au Canada-Anglais est tout le contraire de l’indépendance.

Sans être obligé de faire cette distinction, la situation du Québec est historiquement et objectivement inquiétante pour les Québécois-Français considérés collectivement. Toutefois la finalité de l’action implique la dialectique des « fins-moyens et des moyens-fins » comme le pense Sartre quant à l’acte de création. Il constate que l’auteur ou l’écrivain et le lecteur sont liés entre eux, car « l’écrivain choisit d’en appeler à la liberté des autres hommes » (Dans Qu’est-ce que la littérature ? Paris, Gallimard, 1948/1964, 1985 (coll. « Folio essais », p. 73). Il s’explique en ces termes : « C’est un sentiment complexe mais dont les structures se conditionnent les unes les autres et sont inséparables. Il ne fait qu’un, d’abord avec la connaissance d’une fin transcendante et absolue qui suspend pour un moment la cascade utilitaire des fins-moyens et des moyens-fins. (Dans Ibid., p. 73-74)  Cependant, en 1947, Sartre prend conscience que la FIN ne pouvait pas le dispenser de considérer les MOYENS. Il s’explique ainsi : « Si l’on tient la liberté pour le principe ou pour le but de toute activité humaine, il est également faux que l’on doive juger les moyens sur la fin et la fin sur les moyens. Mais plutôt la fin est l’unité synthétique des moyens employés. Il y a donc des moyens qui risquent de détruire la fin qu’ils se proposent de réaliser, en brisant par leur simple présence l’unité où ils veulent entrer. (Ibid., p. 345) »  Ce paradoxe doit être surmonté par le biais d’une clarification rigoureuse des concepts d’indépendance et d’interdépendance.

Il y a neuf ans, le 2 octobre 2003, un petit groupe de personnes avait conçu l’idée de créer La Ligue pour l’indépendance du Québec. L’embryon d’un site Internet avait été ébauché pour disséminer les fondements de l’indépendance et l’optique indépendantiste parmi les différentes couches de la société québécoise et auprès de la masse de la population. L’intention générale visait à mieux faire connaître l’un des plus grands penseurs du **Québec, l’historien Maurice Séguin (http://pages.infinit.net/liq/msegui...).

Cette approche peut paraître banale, mais il semble très évident que les indépendantistes auraient tout avantage à jeter un regard serein en direction de ce phare qui éclaire les balises qui seraient préférables d’analyser et de comprendre. Le Professeur Séguin est le principal historien qui a étudié systématiquement l’immense problème historique du nationalisme. Vers la fin de sa carrière universitaire au Département d’histoire, l’Université de Montréal annonce dans son Annuaire 1980-1981 un cours qui porte le titre : « Les nationalismes » (HST2338, 3 cr.) : « Histoire du conflit politique, économique et culturel entre le Canada français et le Canada anglais 1760-1960 ». Il s’agit donc du problème crucial des « affrontements nationaux » dans l’histoire. On le sait bien, c’est le problème capital de la collectivité québécoise-française enclavée dans l’empire fédéral canadian.
 
Il serait utile de faire comprendre à nos concitoyens et concitoyennes comment choisir l’indépendance nationale du Québec. Chacun de nous a un chemin critique à suivre pour y parvenir.  Devant l’évidence historique, ce ne sont pas les partis politiques qui sont en mesure de paver ce chemin. Chacun d’entre nous a des CHOIX à faire. Les décisions qui découlent des choix de chacun relèvent d’un mode de penser. Ce qui est vrai pour l’historien l’est aussi pour tout citoyen. Je crois qu’on peut admettre assez facilement cette « norme » de Maurice Séguin qu’il décrit ainsi :
 
« Tout choix se fait (que l’on en soit conscient ou non) d’après un mode de penser, d’après des critères, d’après une échelle de valeurs, une façon de comprendre les rapports entre les événements ou les structures. »
Le défi des indépendantistes, il est là tout net. Il s’agit d’amener les Québécois à concevoir l’INDÉPENDANCE NATIONALE comme « un bien en soi » directement et indirectement aux plans politique, économique et culturel, c’est-à-dire commander au politique sa propre vie politique, gérer en économie sa propre vie économique et maîtriser au culturel sa propre vie culturelle. Dans cet esprit, le citoyen doit comprendre que l’indépendance consiste à ne pas réduire l’agir par soi collectif à un seul aspect tel l’autodétermination politique ou la possession de sa vie économique  ou se limiter à la maîtrise de sa culture.

Dans cette foulée, une autre « norme » vient consolider cette conception de la vie NATIONALE INDÉPENDANTE sur deux points :

1. « Les rapports entre les sociétés sont inévitables et nécessaires. »
2. « Mais il y a quand même vie collective distincte, vie autonome. »

Explication de Maurice Séguin :

« Malgré toute l’insistance sur la nécessité et l’utilité pour une société de collaborer avec les autres, il n’en demeure pas moins que la notion de vie d’une société se rapporte essentiellement à la notion d’agir (par soi) de cette société. »
[N. B. Le contraire étant : le remplacement, l’annexion, bref l’oppression essentielle qui est la perte de l’agir par soi collectif (par ex. : la provincialisation.]


Il est essentiel que le combat se place plus solidement au plan conceptuel. Les Québécois-Français doivent se soumettre individuellement à une autocritique systématique s’ils veulent se libérer des schèmes du fédéralisme qui vicient la pensée indépendantiste.  Le changement de paradigme ne surviendra pas spontanément. Un chemin critique devra être suivi, car changer est complexe. C’est un acte frustrant et ambigu. Changer est une expérience intimement personnelle.

Pour réaliser effectivement l’indépendance nationale du Québec, les Québécois devront s’habituer graduellement à penser, à dire et à écrire que le Québec est dans le monde mais distinct de lui. Chaque québécois saura à ce moment-là que l’indépendance et l’interdépendance sont préférables à l’annexion, la subordination, la provincialisation, la sujétion ou la superposition des autres nations voisines et dans le monde. Il reconnaîtra le besoin d’acquérir sa liberté collective avec l’avantage d’un État souverain. Il saura que l’unité nationale n’est pas la recherche de l’isolationnisme.  Il aura acquis la conviction intangible que la nation québécoise a le droit de se gouverner soi-même.