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jeudi 4 janvier 2007

Claude Bariteau et la motion Harper

Une nouvelle réaction :
La nation québécoise : « une simple minorité nationale»

La peau de banane déposée en décembre devant le Parlement canadian par le gouvernement Harper suscite toujours des réactions. La plus récente, celle de monsieur Bariteau, s'attaque à la question de notre minorisation en tant que « minorité nationale». Il note :

« Par définition, les minorités nationales s'inscrivent dans le registre du droit à la protection, et les nations souveraines, dans celui du droit des peuples à l'autodétermination, donc à la formation de leur propre État. C'est d'ailleurs ce qui explique que les nations minoritaires aient une propension à revendiquer des droits alors que les autres n'ont de cesse de vouloir construire leur État souverain.


En votant une motion selon laquelle les Québécois et les Québécoises forment «une nation dans un Canada uni», les parlementaires canadiens ont fait de cette nation une simple minorité nationale du Canada. »

Source : Claude Bariteau, « Les Québécois, une simple minorité nationale du Canada ! » Le Devoir, jeudi 4 janvier 2007
http://www.ledevoir.com/2007/01/04/126321.html

L'Académie de l'indépendance

Entre nous, il y a belle lurette que le Québec et les Québécois sont subordonnés comme «nation ». La question maintenant consiste à savoir comment on s'y prend pour acquérir le statut d'une nation au sens intégral comme nous l'explique Maurice Séguin dans Les Normes. Il est entendu que cette nation doit jouir de tous les privilèges d' « une nation au sens ÉTATIQUE, juridique » du terme. Dans ce cas, « L'ÉTAT-NATION est un groupe de nations ou une seule nation [soit la nation au sens le plus général], le tout soumis à l'action et aux lois d'un gouvernement souverain. »
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Maurice SÉGUIN, Les Normes de Maurice Séguin. Le théoricien du néo-nationalisme. Montréal, Guérin, Éditeur, 1999. Pages 99-240. Ouvrage préparé par Pierre Tousignant et Madeleine Dionne-Tousignant.



Maurice SÉGUIN, Histoire de deux nationalismes au Canada. Montréal, Guérin, Éditeur, 1997. xxvii + 452 p. Texte établi, présenté et annoté par Bruno Deshaies.

N.B. Ces deux ouvrages sont nécessaires pour la compréhension de la «nouvelle interprétation » de l'histoire des DEUX Canadas.

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Mais toute cette gymnastique intellectuelle est insuffisante s'il ne se crée un MOUVEMENT. c'est-à-dire un sentiment d'urgence qui impose un agenda dans l'esprit des gens pour la réalisation de l'indépendance. En conséquence, une « dynamique » irrésistible doit se créer de manière à ce que les dirigeants et à leur suite la population québécoise ne soient plus capables d'arrêter l'élan acquis (*).

Pour cela, il importe de cesser de discuter sur des questions secondaires ou accessoires. Il faut se concentrer sur le regroupement de toutes les forces sous une seule bannière susceptible d'agir de concert en vue d'entraîner un MOUVEMENT irrésistible.

Cessons d'exprimer son point de vue seulement sur le Canada, le fédéralisme, la souveraineté, mon pays (!) ou les personnalités politiques de l'heure. Il est beaucoup plus important d'organiser en ce moment toutes les forces de défense de l'optique indépendantiste dans toutes les sphères de la société québécoise.

Bruno Deshaies
Montréal, 4 janvier 2007
Révisions : 5 janvier 2007 ; 11 janvier 2007.


(*) C'est-à-dire un « Mouvement » qu'on ne pourrait plus arrêter, qu'il serait impossible de combattre ou que nous ne pourrions plus contourner. La vitesse acquise par le «Mouvement » rendrait impossible un retour en arrière ou une façon de penser autrement notre avenir. Dans une perspective historique, l'existence de cette force de l'avenir constituerait un acte qui empêcherait de bloquer un nouvel et gigantesque effort d'affirmation et de défense de l'autonomie collective nécessaire à toute nation indépendante – soit le rejet de demeurer à perpétuité une « nation annexée ».


NOTE COMPLÉMENTAIRE :

Le « Mouvement »


Dans quelques chroniques du jeudi sur le site Internet www.vigile.net nous avons insisté sur cette notion de « Mouvement ». Il ne s’agit pas de partis politiques, de syndicats ou de regroupements comme tels, mais d’une transformation de la pensée, d’un changement de paradigme qui s’impose à chacun d’entre nous et auquel on a foi.

Nous avons retrouvé la même idée dans l’ouvrage monumental de l’historien Daniel Boorstin portant sur l’Histoire des Américains (The Americans) qui analyse cette question de « Mouvement » au sujet de la recherche atomique ainsi que de la conquête spatiale aux États-Unis. Par exemple, quant à la recherche spatiale, il arrive à cette conclusion très intéressante que le président Eisenhower fut lui-même entraîné dans le « Mouvement » ainsi que Kennedy ou Truman au sujet de la recherche afin de concevoir la bombe atomique. Voici comment il nous explique la chose.

« La vitesse acquise par le « Mouvement » avait, naturellement, dominé l’aventure spatiale. En dépit des doutes sérieux qu’il éprouvait, et en dépit de son manque d’imagination quant aux possibilités offertes par un programme d’exploration de l’espace, le président Eisenhower n’en approuva pas moins un budget de plus de 1 milliard de dollars pour la N.A.S.A. La décision prise par le président Kennedy d’aller de l’avant et de déposer un Américain sur la Lune comportait plus d’un trait commun avec celle qu’avait prise le président Truman d’avoir recours à la bombe atomique. L’élan de la guerre avait cessé, mais d’autres forces étaient à l’œuvre : la rivalité avec les Soviétiques, et surtout l’ampleur et la vitesse de l’entreprise spatiale elle-même. Le président Kennedy revendiquait personnellement la responsabilité de cette entreprise mais cette décision d’aller sur la Lune apparaît, dans une perspective historique, moins comme un acte positif que comme une décision de ne pas bloquer un nouvel et gigantesque effort aux aspects multiples. » (Dans Histoire des Américains, Paris, Robert Laffont, 1981/1991/2003, page 1486.)

Voilà le nœud gordien du problème. Ceux qui pensent que les partis politiques souverainistes feront l’indépendance du Québec se leurrent tragiquement. Pour que l’événement se produise, il faut quelque chose de plus que la politique partisane ou des chefs politiques souverainistes qui ne voient rien d’autre qu’une indépendance du Québec dans l’association avec le Canada. Ce n’est vraiment rien comprendre à l’indépendance d’une nation que de raisonner inconsciemment ou naïvement dans l’optique fédéraliste. Or, justement, c’est le « Mouvement » qui parviendra à changer cette donne.

Notre élite nationale doit être entraînée à son corps défendant dans le sillon du «Mouvement » comme le fut le président Kennedy pour « ne pas bloquer un nouvel et gigantesque effort aux aspects multiples ». Si tel était le cas, elle aurait donc l’obligation de gérer le « Mouvement » au lieu d’y faire obstacle comme elle le fait bêtement en ce moment. Les paroles creuses ne passent plus chez les véritables indépendantistes.

BD/
Ajout : 7 janvier 2007

Révision : 11 janvier 2007




mardi 2 janvier 2007

Réactions à l’idée de la nation québécoise dans un Canada-UNI

Christian Rioux, Claude Charron et Louis Bernard

L'Académie de l'indépendance

Contre-réaction d’un internaute anonyme

La reconnaissance de la nation québécoise
Qui sommes-nous, d'où venons-nous, où allons-nous ? (!)

Pour nous, les Québécois, que nous formons une nation va de soi depuis longtemps. Ailleurs au Canada, on ne voit absolument pas en quoi les Québécois sont différents de n'importe quelle autre minorité ethnique.

Dans cette affaire, Stephen Harper a aussi montré le redoutable manœuvrier qu'il peut être. Le Bloc croyait le piéger, mais il s'est finalement trouvé contraint d'abattre une de ses plus grosses cartes pour faire une levée dont on ne voit pas bien l'importance pour le moment.

À long terme, la reconnaissance internationale d'un éventuel Québec souverain pourrait s'en trouver facilitée. À moyen terme, on ne pourra plus faire du Québec une simple société distincte. Mais il est sûr qu'à court terme, Stephen Harper dira à tous les nationalistes québécois modérés : Vous vouliez être reconnu ? Vous l'êtes, que voulez-vous de plus ?

Le débat sur la nation a montré que les deux solitudes,

1) à l'intérieur, se retrouvent paradoxalement à l'intérieur du camp des nationalistes- souverainistes-indépendantistes, et

2) à l'extérieur, les deux solitudes entre le Québec et le Canada-Anglais, sont toujours aussi éloignées l'une de l'autre.

Québec, 1er janvier 2007

Une autre réaction par Quebecensis

Nous ne pourrons pas tourner bien longtemps autour du pot comme vient de le faire Christian Rioux (cf. Le Devoir, 15 décembre 2006).

Le Québec « Plus qu'une nation (sic) », c'est quand même SURPRENANT étant donné que nous ne sommes qu'une minorité indécise au sein d'une union fédérale CANADIAN bien établie et dominante. Approuver une telle exaltation serait encore plus surprenant.

Ce commentaire peut paraître singulier, mais il me semble que le mouvement indépendantiste devrait montrer plus d'unité de pensée.

La réaction de Claude Charron paraît, en définitive, nettement plus réaliste que celle de tous les autres.

Conclusion. L'indépendance du Québec a besoin d'une unité de direction et d'action que nous ne voyons pas s'organiser. Doit-on laisser l'avenir du Québec uniquement entre les mains des politiciens souverainistes ? Ce serait insuffisant. Les faits sont contre eux ! Il faudrait faire mentir cette prétention.

Le Canada-Anglais prend tous nos comportements au sérieux. Ce qui est le cas en ce moment. Il sait se jouer de nos faiblesses et il en profite. Le premier ministre Harper a pu nous en faire la démonstration. Il en a même rajouté dans des déclarations récentes de fin d’année 2006. Le Canada-Anglais ne se départira jamais de sa proie pour l’ombre.

Montréal, 2 janvier 2007